RADIO CHARRETTE

Radio Charrette est une équipe artistique rassemblant comédiens, musiciens et créateurs sonores.

Ensemble, ils écrivent et réalisent différents projets autour du son : créations in situ, lectures musicales, rendez-vous radiophoniques…

"Pour se défendre contre le bruit, il ne faut pas se boucher les oreilles, se plaindre, ou fuir, mais commencer d’écouter. Car derrière la notion de bruit se cachent beaucoup de pièges, qu’il faut prendre soin de dépister pour ne pas être sa propre victime : se battre contre les bruits c’est se battre contre les autres (on ne porte pas plainte contre soi !) et c’est une bien piètre façon d’améliorer la cité, la sociabilité et la citoyenneté ; en revanche, écouter c’est se former, c’est s’instruire, c’est affiner ses désirs, c’est écouter ceux des autres, c’est commencer de tisser du lien et d’exiger à plusieurs des valeurs, des envies, une culture du sonore, des améliorations acoustiques,

c’est exister à plusieurs et non plus chacun face à tous les autres."

Nicolas Frize

Il faudrait s’entendre, manifeste des Musiques de la Boulangère

"Même l’interaction la plus banale implique que nous participions aux constitutions de sphères. Sans cela, il n’y aurait pas de familles, pas de communautés de vie, pas de communes, pas d’équipe, pas de peuple; (…) il n’y a donc rien d’offensant lorsque je dis que nous sommes des radios vivantes, que nous pouvons nous caler sur des gammes d’ondes communes."" Peter Sloterdijk

 Essai d’intoxication volontaire, Hachette Littérature, 2001


Nos fréquences sont imaginaires. Nous avons des micros, des enregistreurs, des enceintes, des livres, des voix, une contrebasse, une clarinette. Nous aimons la musique, les mots de ceux qui écrivent bien, les chuchotements dans les couloirs, les histoires de chacun et les histoires de tous, les bruits de pas, les rires communicatifs… Nous aimons écouter le jour, la nuit, la ville, la rue. Nous explorons le quotidien, le tout proche, le presque oublié. Nous aimons questionner des espaces habités que nous ne connaissons pas, y passer un moment, y rencontrer les autres et faire dialoguer ensuite ces morceaux de vie avec nos imaginaires. Nous partons du principe que tout le monde a son mot à dire et qu’il est important de se rassembler pour écouter ceux qui sont là, pour prêter l’oreille à ce qui nous entoure. Nous partageons ces écritures à l’endroit où nous avons ouvert nos micros ou ailleurs, dans un dispositif d’écoute que nous créons sur place. Une forme hybride, à la croisée des arts de la rue, du travail du son et de la voix. Nous ne sommes pas des journalistes. Notre radio n’a pas d’antenne. Nous sommes ici et des fois là. Nous ne sommes jamais au même endroit.